Forum 2017 - le financement des villes du Sud

Nos stagiaires en Asie

Mumbai, Dacca et Pékin

Cet été, onze groupes de stagiaires vont voyager dans différents pays sur trois continents du Sud : l'Asie, l'Afrique et l'Amérique Latine. Aujourd'hui, c'est au tour des trois groupes en partance pour l'Asie de nous présenter leurs projets.


Le projet de réhabilitation du Bhendi Bazaar à Mumbai

Corentin Ortais et Juliette Paraponaris

 

Le Bhendi Bazaar est un quartier d’environ 20 000 habitants à Mumbai, dans la partie marchande du centre historique. Il est habité à plus de 70% par les Dawoodi Bohras, une communauté religieuse chiite. La plupart des bâtiments, construits à l’époque coloniale, sont aujourd’hui très délabrés.

 

 

Un plan de démolition et reconstruction de très grande ampleur a été impulsé par le chef spirituel des Dawoodi Bohras : il est financé par les membres les plus riches de la communauté religieuse. Alors que l’opposition des résidents aux projets de réhabilitation de quartiers délabrés est courante à Mumbai, celui-ci remporte l’adhésion des habitants. Pendant les travaux (qui devraient durer une dizaine d’années), les habitants résident dans des logements temporaires en attendant d’être relogés, gratuitement, dans des appartements plus grands et de meilleure qualité qu’à l’heure actuelle. En effet, le financement communautaire permettra de construire 17 tours d’habitation, dont quatre seront destinées à la vente sur le marché libre, afin de couvrir les coûts de construction (financement par le foncier).

 

 

L’envergure du projet illustre la capacité des acteurs privés à aménager un quartier et, en ce sens, à co-produire la ville. Le projet s’insère dans une stratégie de marketing territorial visant à promouvoir Mumbai comme une World Class City, à même d’attirer activités économiques et investissements. Aussi, le projet est soutenu par l’Etat, et a remporté en 2016 le Smart Cities India Award.

 

 

Cette réhabilitation semble avoir tout du projet modèle. Nous nous proposons d’examiner si c’est le cas et par ailleurs, à quel point ses aspects positifs sont transposables dans un contexte autre que celui d’une communauté religieuse.

 

 

Responsabilité sociétale des entreprises et financement du développement de la ville de Dacca au Bangladesh : l’exemple du « Urban innovation challenge ».

Émilie et Sachine Chak, Mélanie Sick

 

Depuis la fin des années 1990, la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) est une préoccupation qui, sous l’impulsion des ONG, s’est inscrite à l’agenda international (Global compact, Millennium Development Goals de l’ONU, etc.).

 

L’intégration de considérations éthiques, sociales et durables au sein des activités des entreprises constitue dès lors une véritable opportunité de financement pour les ONG qui œuvrent au développement des villes. L’ONG BRAC, Bangladesh Rural Advancement Committee, en est un parfait exemple. Dans le cadre du « Urban innovation challenge » qu’elle organise cette année, elle joue le rôle d’entremetteuse entre des porteurs de projet de développement de la ville de Dacca et des investisseurs privés tels que les entreprises.

 

Tout l’enjeu de notre projet de recherche est de pouvoir analyser, à partir de ce cas, les caractéristiques de ce mode de financement « RSE » associant entreprises, ONG et population locale, les conséquences de l’intégration des entreprises privées dans la mise en œuvre des politiques de développement, ainsi que les impacts de ces partenariats au niveau local.


Agriculture urbaine dans le parc agro-écologique industriel de Xiedao

Alice Dalaut et Clément Herman

 

Pour faire face aux défis liés à son urbanisation, aux problèmes liés à la pollution et aux mutations dans les modes de vie des consommateurs, la métropole de Pékin a fait le choix d'investir massivement dans l'agriculture urbaine, qui est progressivement devenue au cours de la
dernière décennie une source d'approvisionnement importante pour les pékinois.

 

 

Répondant aux exigences de traçabilité et de qualité des produits, tout en mettant l'accent sur le respect de l'environnement, les fermes urbaines se sont multipliées. 

 

Mais comment se sont-elles financéesdans une métropole où la pression sur le foncier est particulièrement forte ? Comment évaluer leur impact ? Se limite-t-il à une seule dimension économique ou bien ces projets ont-ils également une dimension sociale ?


Écrire commentaire

Commentaires : 0