Forum 2017 - Des nouvelles d'Inde

Carnet de bord de nos deux stagiaires à Mumbaï

Par Corentin Ortais et Juliette Paraponaris (Sciences Po)

Étude sur le financement du projet de réhabilitation du marché Bhendi Bazaar

Pour plus d'informations sur l'enquête à Mumbaï, lisez la présentation rédigée sur ce même blog.

 

Evolutions de notre recherche :

L’axe du financement semble très difficile à creuser. Le trust en charge du projet (le SBUT) ne nous donne pas plus que les informations officielles. Les institutions officielles et les consultants ne sont pas au courant, pas plus que les chercheurs, et les résidents ont tous des informations différentes.
Nous allons donc, en plus du financement, explorer d’autres pistes : le cadre légal du projet (cluster redevelopment, FSI incentives), le paradigme d’action publique dans lequel ce projet s’inscrit (destruction/reconstruction systématique dans le sud de Mumbai, construction de tours et volonté de création d’une world class city), la spatialisation des communautés et l’inclusivité du projet, les conséquences sur la vie des gens, la reproductibilité du projet...

Pour l’instant nous n’avons pas encore choisi sur quel aspect précis se concentrer. Nous continuous de nous poser la question recommandée par notre référente locale Sukriti Issar : “what is it a case of?”.

Difficultés :

Nous avons mené beaucoup d’interviews, mais il est souvent difficile d’obtenir des informations qui soient autres qu’officielles ou dithyrambiques. Les représentants de la MCGM (Municipal Corporation of Greater Mumbai) ou du SBUT nous donnent tous les mêmes informations à peu de choses près.
Il est aussi difficile de discuter avec des résidents ou des commerçants, qui souvent ne parlent pas anglais. Ceux que nous avons rencontrés semblent avoir des points de vue extrêmement différents, et souvent basés sur des rumeurs et des perceptions plus que sur des faits. En outre, nous n’aurons pas assez de temps pour interviewer suffisamment de personnes pour obtenir une vision complète des différents point de vue sur le projet.

Le projet touche aussi à trop d’aspects différents (religieux, communautaire, relogement des populations, planning urbain, destruction du patrimoine architectural, redéfinition des conditions de vie des habitants, exclusion/inclusion des différents acteurs du Bhendi Bazaar...).
Les différents acteurs interviewés sont souvent réticents ou fainéants à l’idée de partager les documents qu’ils ont en leur disposition. Plutôt que de nous donner des documents sur une clé USB, on nous dit simplement de prendre en photo un plan en format papier...

Réussites :

Nous avons déjà réussi à avoir le point de vue de beaucoup de personnes différentes, des points de vue très divers. Avec notamment des officiels assez élevés dans la hiérarchie, des résidents, Bohras et non-Bohras. Ceci malgré le fait que l’anglais est clairement la langue minoritaire dans le quartier. Nous avons aussi été sur le site pour des observations à 4 reprises. Parmi celles-ci, nous avons été accompagnés et guidés une fois par un membre du SBUT, et une autre fois par un commerçant du quartier. Nous avons profité des autres visites pour tenter de discuter avec des commerçants (sans beaucoup de succès, à cause de la barrière linguistique). Personnes interviewées : 1 commerçant, 1 résidente, 1 ancienne résidente relogée dans un camp de transit, 1 homme qui se rend très régulièrement au Bhendi Bazaar, 1 élu local, 3 officiels de la MCGM, 1 membre du SBUT, 1 consultant du projet, 2 académiciens.

Nous avons en outre rencontré Sukriti Issar, notre référente locale, ainsi que discuté de manière plus courte et informelle avec le président du SBUT, deux commerçants, et plusieurs officiels de la MCGM. 

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