Forum 2017 - Le financement des villes du Sud

Nos stagiaires en Afrique du Nord

Cet été, ce sont en tout cinq groupes de stagiaires qui se rendront en Afrique pour travailler au nom d'Urbanistes du Monde. Parmi eux, trois groupes ne franchiront pas le Sahara et enquêteront au Caire, à Rabat et à Casablanca.

Les sociétés coopératives (gam’iat) au Caire

Marina Najar

 

Dans l'Égypte postcoloniale, des sociétés coopératives (gami'at) se sont formées spontanément comme moyen d’assurer l’autonomie financière de certaines communautés face à la puissance coloniale. C'est donc au Caire que je me pencherai sur le fonctionnement des budgets collectifs qui servent à la fois de caisses d'épargne et de fonds de financement de petites entreprises et de mini-projets. Ces gam'iat reposent tacitement sur un code d'honneur à cheval sur les principes de justice et d'équité, et sont une façon d'assurer une solidarité mutuelle, en encourageant à partager les responsabilités et à créer un sentiment d'appartenance par rapport aux projets entrepris.

 

Au courant des deux prochains mois, j’aimerais donc me pencher sur les coopératives gérées par des femmes au Caire. Je voudrais mieux comprendre comment ces circuits particuliers d'épargne parallèle au système bancaire parviennent à financer une économie informelle tout en créant un réseau de support et de confiance entre les femmes de nature à leur apprendre l'autogestion de petits projets et consolider surtout leur statut familial et social.

Le programme « Villes sans bidonvilles » à Rabat : le partenariat multi-acteur et le micro crédit pour financer le relogement

 Roxane Fouroughmand, Guillaume Fournier

 

 

Depuis quelques années, les villes du Maroc – à l’image de celles des pays en développement – sont touchées par un afflux massif de population. Le manque d’infrastructures et de logements sur place conduit à la prolifération de bidonvilles, symboles de la précarité urbaine. Pour les villes du Sud, ces formes d’habitats posent évidemment des problèmes de santé publique, mais constituent aussi un frein à leur attractivité.

 

C’est dans ce contexte que le Maroc lance en 2004 un dispositif innovant : le programme « Villes sans Bidonvilles ». Jusqu’alors, les politiques publiques de résorption de ces habitats insalubres s’étaient concentrées sur des opérations de recasement et de relogement. Les échecs successifs de ces politiques ont conduit à un changement d’approche. « Villes sans Bidonvilles » s’établit comme un programme novateur car il vise à réduire le nombre considérable de logements insalubres en optant pour une logique participative qui est double. Il favorise la collaboration des services publics, privés et associatifs, mais aussi la participation des habitants avec notamment la mise en place de la maîtrise d’ouvrage sociale. Cette dernière est réalisable grâce à l’accès au micro-crédit qui est un mécanisme de financement innovant permettant aux familles de participer matériellement et économiquement à leur relogement. Il leur est demandé, notamment, de contribuer à l’achat de parcelles et à la construction de logements. Ce type de financement permet de penser un développement de plus long terme qui ne se limite pas à la simple éradication d’un bidonville, où le problème ne serait pas résolu mais déplacé ailleurs.  

Projet: étude des stratégies de marketing territorial à Casablanca.

 Damien Berret, Juliette Guichardet

 

A l’instar d’autres grandes métropoles mondiales, Casablanca est la première ville africaine à avoir mis en place une stratégie de “marketing territorial” en développant la marque “Wecasablanca”, destinée à attirer investisseurs internationaux, étudiants et touristes à travers la conduite d’opérations promotionnelles et l’organisation d’événements locaux.

 

Notre projet vise à mieux comprendre les tenants et les aboutissants de cette stratégie : Quels sont les avantages compétitifs mis en avant ? Quelles sont les valeurs qui guident le processus de “branding” ? Quels sont les acteurs (privés, publics) derrière la marque ? Quels sont les canaux par lesquels ces projets phares sont financés ?

 


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Forum 2017 - le financement des villes du Sud

Nos stagiaires en Asie

Mumbai, Dacca et Pékin

Cet été, onze groupes de stagiaires vont voyager dans différents pays sur trois continents du Sud : l'Asie, l'Afrique et l'Amérique Latine. Aujourd'hui, c'est au tour des trois groupes en partance pour l'Asie de nous présenter leurs projets.


Le projet de réhabilitation du Bhendi Bazaar à Mumbai

Corentin Ortais et Juliette Paraponaris

 

Le Bhendi Bazaar est un quartier d’environ 20 000 habitants à Mumbai, dans la partie marchande du centre historique. Il est habité à plus de 70% par les Dawoodi Bohras, une communauté religieuse chiite. La plupart des bâtiments, construits à l’époque coloniale, sont aujourd’hui très délabrés.

 

 

Un plan de démolition et reconstruction de très grande ampleur a été impulsé par le chef spirituel des Dawoodi Bohras : il est financé par les membres les plus riches de la communauté religieuse. Alors que l’opposition des résidents aux projets de réhabilitation de quartiers délabrés est courante à Mumbai, celui-ci remporte l’adhésion des habitants. Pendant les travaux (qui devraient durer une dizaine d’années), les habitants résident dans des logements temporaires en attendant d’être relogés, gratuitement, dans des appartements plus grands et de meilleure qualité qu’à l’heure actuelle. En effet, le financement communautaire permettra de construire 17 tours d’habitation, dont quatre seront destinées à la vente sur le marché libre, afin de couvrir les coûts de construction (financement par le foncier).

 

 

L’envergure du projet illustre la capacité des acteurs privés à aménager un quartier et, en ce sens, à co-produire la ville. Le projet s’insère dans une stratégie de marketing territorial visant à promouvoir Mumbai comme une World Class City, à même d’attirer activités économiques et investissements. Aussi, le projet est soutenu par l’Etat, et a remporté en 2016 le Smart Cities India Award.

 

 

Cette réhabilitation semble avoir tout du projet modèle. Nous nous proposons d’examiner si c’est le cas et par ailleurs, à quel point ses aspects positifs sont transposables dans un contexte autre que celui d’une communauté religieuse.

 

 

Responsabilité sociétale des entreprises et financement du développement de la ville de Dacca au Bangladesh : l’exemple du « Urban innovation challenge ».

Émilie et Sachine Chak, Mélanie Sick

 

Depuis la fin des années 1990, la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) est une préoccupation qui, sous l’impulsion des ONG, s’est inscrite à l’agenda international (Global compact, Millennium Development Goals de l’ONU, etc.).

 

L’intégration de considérations éthiques, sociales et durables au sein des activités des entreprises constitue dès lors une véritable opportunité de financement pour les ONG qui œuvrent au développement des villes. L’ONG BRAC, Bangladesh Rural Advancement Committee, en est un parfait exemple. Dans le cadre du « Urban innovation challenge » qu’elle organise cette année, elle joue le rôle d’entremetteuse entre des porteurs de projet de développement de la ville de Dacca et des investisseurs privés tels que les entreprises.

 

Tout l’enjeu de notre projet de recherche est de pouvoir analyser, à partir de ce cas, les caractéristiques de ce mode de financement « RSE » associant entreprises, ONG et population locale, les conséquences de l’intégration des entreprises privées dans la mise en œuvre des politiques de développement, ainsi que les impacts de ces partenariats au niveau local.


Agriculture urbaine dans le parc agro-écologique industriel de Xiedao

Alice Dalaut et Clément Herman

 

Pour faire face aux défis liés à son urbanisation, aux problèmes liés à la pollution et aux mutations dans les modes de vie des consommateurs, la métropole de Pékin a fait le choix d'investir massivement dans l'agriculture urbaine, qui est progressivement devenue au cours de la
dernière décennie une source d'approvisionnement importante pour les pékinois.

 

 

Répondant aux exigences de traçabilité et de qualité des produits, tout en mettant l'accent sur le respect de l'environnement, les fermes urbaines se sont multipliées. 

 

Mais comment se sont-elles financéesdans une métropole où la pression sur le foncier est particulièrement forte ? Comment évaluer leur impact ? Se limite-t-il à une seule dimension économique ou bien ces projets ont-ils également une dimension sociale ?


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Présentation du blog - Forum 2017

Présentation du blog

Forum 2017 - Le financement des villes du Sud

Sur cette page, vous retrouverez tout au long de cet été des nouvelles de nos stagiaires en mission aux quatre coins du monde. Pour plus d'information sur le forum 2017, rendez-vous sur l'onglet dédié

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